Si seulement tu touchais mon coeur,
si seulement tu posais ta bouche sur mon coeur,
ta fine bouche, tes dents,
si tu posas ta langue comme une flèche roge
là où bat mon coeur poussiéreux,
si tu soufflais dans mon coeur, près de la mer, en pleurant,
il résonnerait d'un bruit obcur, avec le roulement d'un
train de rêve,
comme des eaux vacillantes,
comme l'automne en feuilles,
comme le sang,
comme un bruit de flammes humides brûlant le ciel,
résonnant comme rêves, comme branches ou pluies,
comme sirènes de port triste,
si tu soufflais dans mon coeur près de la mer,
comme un fantôme blanc,
au bord de l'écume,
en plein vent,
comme un fantôme déchainé, au bord dela mer et
pleurant.
Veux-tu être le fantômequi dans son stérle, dans son
triste instrument
souffle solitaire, près de la mer?